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femme enceinte en voyage plage
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artie pour un tour du monde de plusieurs mois avec sa famille, Mélissa s’aperçoit qu’elle est enceinte alors que leur voyage ne fait que commencer. Au début, les doutes s’installent avant que cette grossesse ne devienne une évidence pour elle et sa famille. Avec son chéri, ils organisent tout afin d’accueillir leur troisième merveille tout en vivant leur aventure à 100% ! Profiter de ce voyage qui leur tenait à cœur, tout en organisant le suivi médical de la grossesse, mais aussi un accouchement comme elle en rêvait… Mélissa nous livre ici un témoignage sincère sur cette expérience unique qu’ils ont vécu et qui marquera l’histoire de leur famille : être enceinte pendant son tour du monde.

J’ai soupçonné ma grossesse dès le début. Mais j’ai préféré éviter d’y penser, et d’en parler pour ne pas que ce soit réel. Cela ne pouvait pas l’être. J’avais rêvé de ce tour du monde depuis si longtemps, ça ne pouvait pas venir tout remettre en question. Puis quelques semaines plus tard, j’ai fini par lui dire mes soupçons. Nous étions au Laos et nous avons cherché partout pour faire une prise de sang afin d’être sûre et d’éviter le test de grossesse. La-bas ça n’existe pas les prises de sang pour confirmer les grossesses, alors c’est parti pour acheter un test. Nous l’avons fait avec les enfants, il fallait déposer une goutte à l’aide d’une pipette puis attendre. Ce sont mes fils qui étaient chargé de regarder et de nous dire, on leur avait expliqué. Le verdict tombe :

« Maman tu as un bébé dans le ventre »

C’est devenu réel et ça a été le choc. je le savais et pourtant ça nous a assommé. J’avais peur de ne pas pouvoir faire tout ce que j’avais prévu, rêvé, comme certaines activités ou randonnées. L’accouchement remettait en question une partie du voyage, la partie qu’on rêvait le plus de faire comme la Patagonie et l’Afrique ensuite.

Tout s’est un peu mélangé… Au départ, on était abattu, aujourd’hui c’est dure d’écrire ces mots avec mon fils dans les bras après tout ce qu’on a vécu, mais les débuts ont été compliqué. Cette grossesse n’était pas un projet ni a court ni à long terme. On a évoqué les possibilités, interrompre ou pas cette grossesse, interrompre ou pas le voyage. Et puis on s’est dit que si on l’avait découvert à la maison, nous n’aurions pas réagit de la même façon. Surpris sans doute mais on ne se serait pas poser de questions…

Alors c’est parti pour un tour du monde enceinte !

On est parti en tour du monde avec un aller simple et rien de prévu et organisé, alors on s’est dit qu’on continuerait. Qu’on avancerait au jour le jour et on aviserait au fur et à mesure de la grossesse ce qu’on ferait. La seule chose dont j’étais certaine, c’est que je ne rentrerais pas pour accoucher. Déjà parce qu’en hiver en France sans maison sans rien c’était inimaginable. Je préférais trouver un endroit avec soleil et piscine pour les enfants. Et ensuite parce que ce tour du monde c’était aussi se retrouver tous les quatre et on voulait rester tous les quatre jusqu’au bout, vivre cette naissance dans notre bulle.

femme enceinte en voyage à la plage
ile des pins femme enceinte

Comment vivre sa grossesse en tour du monde ?

Comment gérer le suivi médical d’une grossesse en tour du monde ?

C’est vrai que la première question qu’on s’est posé c’est comment s’organiser ? C’est très compliqué quand on a pas d’itinéraire prévu, d’organiser un suivi médical, surtout pour la prise de rendez-vous. Alors qu’on était en Chine, on discutait au restaurant, quand un couple de français qui nous avait entendu nous a proposé un contact, une sage femme en Nouvelle Calédonie qui pouvait nous aider.

La Nouvelle Calédonie n’était pas du tout au programme du tour du monde, mais on pensait a l’époque que de faire les examens sur un territoire français nous permettrait d’être rembourse, et évidemment que ce serait plus simple.

La sage femme m’a tout organisé par mail, elle m’a trouvé un rendez-vous avec un gynécologue pour la première échographie. Voilà pour la première fois du voyage, on s’est retrouvé avec un impératif et une date : 31 mai première échographie, on est à 14SA + 5, prise de sang, trisomie 21, toxoplasmose, etc.

Le gynécologue nous a pris rendez-vous pour la seconde échographie, à Papeete avec son ami qui vivait la-bas. J’avoue que je n’ai pas du tout fait le même suivi qu’en France, les prises de sang, qu’un mois sur deux, et seulement les 3 échographies, pour le reste j’ai fait confiance à mon corps. Je n’ai jamais été stressé car je savais que partout j’avais accès aux soins si besoin. Pour le reste, je parle couramment espagnol et anglais. Que ce soit en Océanie, en Amérique du nord, centrale ou du sud, je n’avais aucune barrière de langue pour les consultations ou examens. Il faut quand même savoir qu’aucune consultation, prise de sang, examen, ni accouchement n’ont été pris en charge par la sécurité sociale, ni par l’assurance de voyage, tout a été nos frais mais c’était notre choix.

Au final, j’ai accouché en espagnol, et c’était parfait…

femme enceinte au canada
femme enceinte au canada

Comment profiter de son voyage en étant enceinte ?

Pour ce qui est des précautions, j’ai profité de mon voyage sans soucis. Je ne mange pas de viande, mon deuxième allaité étant allergique au lactose, soja j’avais déjà un régime un peu spécifique que je n’ai pas changé.

J’ai profité sans aucun problème du voyage…

Pour les activités, j’ai pu faire toutes celles que je voulais, comme de la montgolfière, de l’hélicoptère, ou nager avec les baleines, mais aussi toutes les randonnées qu’on avait envisagées. J’ai juste été un peu fatiguée au premier trimestre avec l’allaitement et les nombreux réveils de mon petit qui n’avait pas encore 2 ans, donc on avançait moins vite (nombreuses grasses matinées) et on prenait plus de temps.

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Voyager enceinte en Patagonie

Comment évaluer les risques pour son futur bébé en voyage ?

C’est une question un peu difficile, chaque grossesse étant différente, je ne peux parler que de ma propre expérience. Je n’avais aucune contraction, j’ai toujours accouché à terme, je savais que j’irai au bout de cette grossesse également. Même si évidemment on est jamais sûr de rien.

Pour la randonnée, j’étais à 34SA, on avait un très gros doute sur la difficulté. On est allé au centre des randonnées pour en discuter avec les guides, et on nous a vraiment rassuré. Elle nous a expliqué que c’était une randonnée difficile mais que si j’étais habituée avant la grossesse à marcher elle n’y voyait pas de soucis, que des femmes l’avaient déjà fait. Il fallait cependant que je m’écoute, ne pas forcer, et prévoir à boire et à manger.

Seb n’était pas trop pour, moi c’était mon rêve. On avait décidé de commencer par la moins difficile, 24 km mais avec un moins gros dénivelé. Et finalement à minuit il m’a dit « quitte à en faire une, faisons celle que tu veux ». Et hop on s’est lancé ! 26 Km, avec 2 enfants de 2 et 4 ans, c’était pas évident sur le papier mais ça a été génial. Surtout qu’on a eu la chance d’avoir une super météo. Je me suis sentie bien tout le long, j’ai porté mon fils la moitié du chemin avec des pauses.

On s’est écouté et ça a été un moment fort du voyage.

Il y a bien des femmes qui courent le marathon enceinte, encore une fois tout est question d’écouter son corps, se faire confiance, connaître ses limites.

coucher de soleil femme enceinte
coucher de soleil femme enceinte plage

Concilier son voyage et sa grossesse : gérable ou éprouvant physiquement ?

Ce que j’ai appris en voyageant enceinte, c’est que chaque culture à une vision différente de la grossesse. Pour certains, c’est une pathologie : la femme enceinte ne doit rien faire ou faire attention à tout. Pour d’autres, la femme travaille (souvent par obligation) jusqu’au jour de l’accouchement. C’était ma troisième grossesse, pour ma première j’ai fait du sport jusqu’à la veille de l’accouchement.

J’ai la chance de vivre trois grossesses parfaites, pas de maux, rien. J’étais en pleine forme, pas de contractions, alors j’ai pu profiter jusqu’à la fin. On s’est posé seulement deux semaines avant l’accouchement. Avant on a pas arrêté. Un tour du monde où on bougeait souvent, on n’a rien changé. Pour moi c’était donc gérable et facile, j’avais une énergie débordante.

Évidemment chaque corps est différente et chaque femme aussi. Le plus important c’est de s’écouter et respecter son rythme.

J’ai vécu une grossesse de rêve, dans un contexte de rêve.

Je veux dire par là qu’on était en vacances, à vivre des choses extraordinaires. Avoir du temps, on était ensemble tout le temps, papa disponible pour prendre le relais si j’avais besoin de repos, le contexte était donc plus que favorable.

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Transport et organisation d’une grossesse en tour du monde…

Gestion des longs trajets d’un tour du monde en étant enceinte

Nous avons fait beaucoup de route ! Que ce soit en camping-car en Australie, ou Nouvelle Zélande, road trip au Canada et en Argentine, on a fait énormément de trajets. Les longs trajets en bus, en avion ne nous on pas arrêté. En soit, les trajets en étant enceinte ne sont pas forcément compliqués, au contraire, c’était des temps de repos forcé pour moi !

Nous n’avons pas du tout changé l’itinéraire, peut être fait un peu plus attention sur les horaires de voyage. Éviter les longues escales, ou les trajets de nuits car les enfants dormaient, nous beaucoup moins bien ou pas, du coup on avait plus de mal à récupérer.

Prendre l’avion en étant enceinte

Alors la première chose c’est que l’avion n’a aucun impact sur la grossesse en soi. C’est au même titre que le train, la voiture, le fait de rester assis qui peut engendrer des problèmes de circulation sanguine. Il est important de bouger régulièrement ou sinon d’avoir des bas de contention.

Quant à la limite pour la grossesse, elle est fixée par chaque compagnie aérienne. En général c’est aux alentours de 32 semaines. Parfois elles peuvent demander un certificat médical du médecin. Pour ma part on ne m’a jamais posé la question sur ma grossesse, sauf lors de mon dernier vol, j’étais alors à 36 semaines, mais j’avoue avoir dit que j’étais à 30 semaines.

Il est important de vérifier auprès de la compagnie aérienne

L’information est souvent précisée sur le site internet et en cas de doute il ne faut pas hésiter à les contacter. Evidemment, mieux vaut avoir un certificat médical si nécessaire. Lors de ma deuxième grossesse, nous étions au Sri Lanka on ne m’a pas laissé prendre l’avion sans un certificat médical. J’ai du consulter un gynécologue sur place pour pouvoir embarquer. Ça dépend vraiment des politiques des compagnies aériennes, également du personnel sur qui on tombe, un peu comme les excédents de bagages, certains sont plus tolérant que d’autres !

Assurance tour du monde et grossesse

L’assurance ne couvrait pas le suivi de grossesse. Par contre elle prenait en charge si besoin toutes les complications qu’il y aurait pu y avoir liées à la grossesse. Tous les frais liés au suivi médical de la grossesse et de l’accouchement ont donc été à nos frais.

S’habiller pendant sa grossesse en tour du monde

Alors j’ai investi dans deux pantalons de grossesse en nouvelle Zélande chez H&M, et après deux robes normales un peu plus large quand j’étais à Los Angeles. Pour le reste j’ai fait avec mes vêtements. Je n’ai pas utilisé de bas de contention. Dans tous les pays, on trouvait des vitamines, médicaments, compléments de grossesse et des vêtements si nécessaire.

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femme enceinte en voyage plage

Préparer l’arrivée d’un bébé en tour du monde…

Produits et équipements pour un bébé en voyage

Alors on s’est installé au Mexique, pour 6 semaines, le temps d’accoucher de prendre nos marques avant de reprendre la route. On a acheté d’occasion un berceau spécial cododo qui s’accrochait au lit, une écharpe de portage et des couches lavables. Nous trouvions tout le nécessaire sur place mais on a rien acheté d’autre. On nous a également prêté un siège auto.

Quand on est parti, on a offert le berceau à une famille locale.

Pour le reste, l’écharpe nous a permis de continuer le voyage donc absolument aucun regret ! Et évidemment les couches lavables on les utilise encore aujourd’hui donc idem.

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Accoucher au bout du monde…

Trouver sa sage-femme pour le jour J en tour du monde

Grâce à Instagram, une famille que je suis (@familycoste) devait accoucher au Panama. Finalement elle a changé d’avis, et a décidé d’accoucher au Mexique. En échangeant avec elle, elle m’a donné les coordonnées de sa sage femme au Mexique, que j’ai contacté lorsque l’on était au Canada. Elle m’a proposé de la rencontrer et…

Ca a été un véritable coup de cœur ! On savait que ce serait elle.

Ça nous a beaucoup rassurés car jusque là on avait aucune idée d’où on se poserait et où j’accoucherais. On l’a rencontré en septembre, puis on a continué le voyage jusqu’à mi-novembre où on est retourné au Mexique pour s’installer. Et bébé est né le 4 décembre !

Pourquoi avoir choisi le Mexique pour accoucher ?

On n’avait pas de pays en tête, on a regardé un peu partout mais c’était pas évident de trouver les bonnes informations. On voulait du soleil, la plage et la piscine pour que les enfants puissent profiter un maximum pendant qu’on débutait dans notre vie à 5. Le Mexique est venu car la sage femme y était mais ça aurait pu être n’importe quel autre pays si on avait trouvé une sage femme qui nous correspondait. Mais finalement le Mexique c’était parfait !

Projet de naissance en tour du monde

Je n’ai jamais voulu de projet de naissance, parce que l’accouchement ne se passe jamais comme on l’espère. Idéalement je voulais accoucher à domicile, et dans l’eau si possible. c’était exactement ce que proposait ma sage femme. Évidemment il fallait faire des examens et contrôles avant pour vérifier que tout était favorable à un accouchement à la maison. Tout l’était.

Et j’ai vécu l’accouchement de mes rêves, dans l’eau, à la maison, c’était parfait.

femme enceinte en voyage
femme enceinte en voyage à la plage

Démarches administratives suite à la naissance de bébé…

Démarches administratives pour un accouchement à l’étranger

Normalement il faut déclarer bébé à l’ambassade de France du pays de l’accouchement. Seulement voilà l’ambassade était à 1 500 km donc on ne l’a pas fait ! Nous l’avons déclaré mexicain. Il fallait une déclaration de naissance avec témoins puisque l’accouchement avait eu lieu à domicile. Un papier du pédiatre, une photo d’identité pour l’enregistrer au registre civil, ainsi que nos pièces d’identité.

Au Mexique pour les passeports il faut un numéro de CURP (ndlr : Clave Única de Registro de Población, une sorte de numéro d’identification national. Chaque mexicain en reçoit un), pour faire les démarches, une fois obtenu on est allé faire son passeport, qui se fait dans la journée on le récupère sur place directement. Une fois le passeport mexicain obtenu, nous avons pu reprendre la route et poursuivre le voyage.

Obtenir la nationalité française pour un bébé né à l’étranger

De retour en France, nous avons pu contacter le service Etat civil du Consulat Général de France à Mexico qui a une adresse à Châtillon en France. Nous avons donc envoyé un dossier directement là-bas. Il faut un original de l’acte de naissance, une traduction assermentée, le livret de famille, les pièces d’identité des parents justifiant de la nationalité française. Nous avons également pu le rattacher facilement à nos sécurités sociales ainsi qu’à la CAF.

femme enceinte en voyage neige
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Pour conclure…

Et si c’était à refaire ?

Je referais tout pareil je pense, finalement ce bébé tour du monde est un merveilleux cadeau. L’accouchement était magique et a conclu en beauté tout ce que le voyage nous avait apporté. Ce voyage qui nous a soudé, rapproché, rendu encore plus complices et plus forts en tant que famille, a été conclu magnifiquement par cette naissance puissante à la maison…

Ce bébé tour du monde est un merveilleux cadeau.

Un petit mot pour finir ?

Je sais que ce n’est pas très classique comme parcours. Mais c’est ça la vie en fait, rien ne se passe jamais comme prévu. On n’aurait jamais imaginé vivre ça, et pourtant c’était parfait. Je pense que les mentalités sont un peu fermées en France sur le voyage enceinte ou avec des bébés.

J’aimerais dire : écoutez-vous, pas les autres.

Faites vous confiance, si vous avez envie alors foncez.

Partir, se retrouver en famille, s’accorder du temps pour découvrir, explorer, expérimenter, se rendre disponible, avoir du temps simplement, ça apporte tellement. C’est puissant, c’est fort, et c’est pour nous essentiel.

coucher de soleil femme enceinte

Un grand merci à Mélissa pour son témoignage…

Retrouvez ses aventures avec sa jolie tribu sur son compte Instagram !

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